jeudi 25 décembre 2025

Le Noël du Petit Homme : De Jeddah au Nil, l’éternel désir d’aimer

 


Le Noël du Petit Homme : De Jeddah au Nil, l’éternel désir d’aimer

Noël est censé être la fête de la naissance, celle de la lumière qui revient au cœur de l’hiver. On se réunit pour célébrer l'Amour, mais la réalité est parfois plus lourde. Autour de la table, on trouve parfois des silences, des souvenirs embrumés par l'alcool, et des proches qui, malgré les années, ne nous connaissent pas vraiment. On s'aperçoit que l'on peut être entouré de sa propre famille et se sentir comme un étranger.

Si vous n’aimez pas Noël, sachez que vous n’êtes pas seuls. Mais au lieu de regarder le vide, j’ai choisi ce soir de regarder mes trésors. Car avant d'être effectivement mort, il est difficile de considérer qui que ce soit comme le grand amour de sa vie. La rapidité avec laquelle on tombe amoureux est peut-être due au fait que le désir d'aimer a toujours précédé l'être aimé.

Je me souviens de 1984, à Jeddah. J’avais 19 ans. Le pays des Mille et Une Nuits. Lors d'une soirée, elle est apparue : Valérie. Blonde, fine, un regard bleu comme un mirage. Dans l’urgence de la jeunesse, j'ai osé : « Il nous reste peu de temps, dépêchons-nous d'aimer. » Sous les palmiers, près d'une piscine, le temps s’est figé. Nous avons jeté nos parures à l’eau pour n’être que deux âmes nues sous les étoiles d'Arabie. C’était une étreinte fulgurante, une communion de peau et d'esprit sous une nuit chaude, avant que la voiture de ses parents ne l’emporte. Elle pleurait sur le siège arrière, je ne l'ai jamais revue.

Quel est le lien avec aujourd'hui ? Récemment, sur les bords du Nil, j'ai croisé une autre figure mythique, une "Déesse Pharaonique". Elle est repartie vers sa vie parisienne et le silence a repris sa place. Mais ce n'est pas grave.

Noël, au-delà du folklore, c'est l'histoire d'un don. Si j'écris ces lignes, c'est pour vous dire que nos souvenirs ne sont pas des fantômes, mais des preuves que nous sommes vivants. Peu importe que la table de fête soit pesante ou que certains messages restent sans réponse.

Nous sommes des êtres d'air. Nous portons en nous la chaleur de Jeddah et l'éternité du Nil. Le grand amour, c'est peut-être simplement cette capacité que nous avons de nous émerveiller encore, de nous souvenir de la douceur d'une peau et de l'éclat d'un rire, même quand le vent souffle et que la fête est finie.

Ce soir, je vais classer mes photos, m'ouvrir un bon Bordeaux et regarder les étoiles. Je vous souhaite de trouver, vous aussi, votre propre lumière.

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