samedi 27 décembre 2025

Message sans réception

Je partage ici un texte d'humeur, différent de mes articles habituels sur le bien-être. Parfois, l'esprit mindful observe aussi la folie du monde... et sa propre solitude.


la caverne

Il était une fois un homme qui se promenait dans sa campagne.
Seul.
Il cherchait une belle âme.
Et il se demandait si c’était encore possible dans ce monde devenu si agité.

Depuis son retour en France, il observe la société. Il essaie de se reconstruire. Il se met en couple avec des personnes qui ne partagent pas sa sensibilité, simplement pour ne pas être seul.
C’est un constat triste : vouloir se connecter sincèrement dans un monde qui semble surtout chercher à profiter.

Cinq ans de vie commune avec une personne qu’il quitte régulièrement… et avec qui il revient, parce que la solitude est trop forte.
Ou peut-être est-ce son cerveau qui préfère souffrir plutôt que changer.
La question reste ouverte.

À la fin de la journée, il est toujours en quête de son Graal.
Et sur ce chemin, il rencontre parfois des personnages singuliers.

La dernière en date : la donneuse de leçons.

Il la découvre sur un site de rencontres, où elle affiche très clairement ses informations et ses réseaux. Naturellement, la connexion se fait via ces canaux.
La réponse est immédiate : rien ne sera possible en dehors du cadre professionnel.

Alors on comprend.
Ce n’est pas une rencontre, c’est une vitrine.
Un outil.
Une stratégie.
Un compte à faire grandir.

Et très vite, le discours suit : elle n’a pas le temps de répondre à tous ces hommes qui la sollicitent.
Mais à qui la faute, quand on attire volontairement vers un espace public ?
Nous connaissons tous les règles implicites : le 80/20, la visibilité, l’optimisation.

Puis, après un message poli où je lui souhaite simplement de bonnes fêtes, je reçois cette phrase :
« Tu vas apprendre quelque chose. »

Cette arrogance m’a surpris.
Cette certitude d’être au-dessus.
Elle m’a surtout attristé.

Pas par colère.
Par lucidité.

Nous vivons dans un monde où beaucoup parlent, mais où peu écoutent. Où l’on émet en permanence, mais où il n’y a plus vraiment de réception.
Des milliers de followers, mais peu de présence réelle.

Nous traversons une période difficile. Le pays aussi. Beaucoup vont être éprouvés.
Et ceux qui se pensent forts risquent de découvrir, un jour, que la visibilité ne remplace pas le lien.

Je n’ai pas de conclusion définitive.
Seulement un constat.

Je respire.
Je lâche prise.

Ce qui m’agace le plus, au fond, ce n’est pas la personne.
C’est cette sensation d’envoyer un message…
et de constater qu’il n’y a personne à la réception.

jeudi 25 décembre 2025

Le Noël du Petit Homme : De Jeddah au Nil, l’éternel désir d’aimer

 


Le Noël du Petit Homme : De Jeddah au Nil, l’éternel désir d’aimer

Noël est censé être la fête de la naissance, celle de la lumière qui revient au cœur de l’hiver. On se réunit pour célébrer l'Amour, mais la réalité est parfois plus lourde. Autour de la table, on trouve parfois des silences, des souvenirs embrumés par l'alcool, et des proches qui, malgré les années, ne nous connaissent pas vraiment. On s'aperçoit que l'on peut être entouré de sa propre famille et se sentir comme un étranger.

Si vous n’aimez pas Noël, sachez que vous n’êtes pas seuls. Mais au lieu de regarder le vide, j’ai choisi ce soir de regarder mes trésors. Car avant d'être effectivement mort, il est difficile de considérer qui que ce soit comme le grand amour de sa vie. La rapidité avec laquelle on tombe amoureux est peut-être due au fait que le désir d'aimer a toujours précédé l'être aimé.

Je me souviens de 1984, à Jeddah. J’avais 19 ans. Le pays des Mille et Une Nuits. Lors d'une soirée, elle est apparue : Valérie. Blonde, fine, un regard bleu comme un mirage. Dans l’urgence de la jeunesse, j'ai osé : « Il nous reste peu de temps, dépêchons-nous d'aimer. » Sous les palmiers, près d'une piscine, le temps s’est figé. Nous avons jeté nos parures à l’eau pour n’être que deux âmes nues sous les étoiles d'Arabie. C’était une étreinte fulgurante, une communion de peau et d'esprit sous une nuit chaude, avant que la voiture de ses parents ne l’emporte. Elle pleurait sur le siège arrière, je ne l'ai jamais revue.

Quel est le lien avec aujourd'hui ? Récemment, sur les bords du Nil, j'ai croisé une autre figure mythique, une "Déesse Pharaonique". Elle est repartie vers sa vie parisienne et le silence a repris sa place. Mais ce n'est pas grave.

Noël, au-delà du folklore, c'est l'histoire d'un don. Si j'écris ces lignes, c'est pour vous dire que nos souvenirs ne sont pas des fantômes, mais des preuves que nous sommes vivants. Peu importe que la table de fête soit pesante ou que certains messages restent sans réponse.

Nous sommes des êtres d'air. Nous portons en nous la chaleur de Jeddah et l'éternité du Nil. Le grand amour, c'est peut-être simplement cette capacité que nous avons de nous émerveiller encore, de nous souvenir de la douceur d'une peau et de l'éclat d'un rire, même quand le vent souffle et que la fête est finie.

Ce soir, je vais classer mes photos, m'ouvrir un bon Bordeaux et regarder les étoiles. Je vous souhaite de trouver, vous aussi, votre propre lumière.